Friday, January 18, 2008

Définition de Editeur!

Dans les derniers commentaires, il y avait celui-ci: "Un éditeur qui fait des fautes de grammaire, c'est toujours comique...". Oh non, ne pensez pas que je suis vexé par cette remarque, je n'ai jamais été un dieu de la grammaire et en plus je tape mes messages sans réfléchir... C'est juste que cela fait des années que j'entends des réflexions du genre: On pensait trouver une vieille personne, vous avez dû faire pas mal d'études, Vous semblez bien jeune, etc...
Apparemment chez la plupart des gens, il y a une image prédéfini de l'éditeur. Et pourtant nous ne publions pas de romans. Devenir éditeur n'était pas un rêve de gosse. Je pense même qu'au fond de moi j'ai toujours su que c'était un métier difficile humainement. Car les artistes vivent avec leurs trips et la communication est parfois décalé car je représente le jugement. Pour certains, je suis un patron, pour d'autres un producteur, certains me voient même comme un mec blindé de pognon qui s'amuse(je pense que vivre en suisse y contribue beaucoup, merci johnny) et même certains me détestent. Tout ça pour dire que je ne pense pas avoir le recul nécessaire pour définir correctement le métier d'éditeur. La seule chose dont je suis persuadé, c'est que vous devez forcément être un peu grande gueule pour faire ce métier. Car si vous n'arrivez pas à imposer vos choix éditoriaux, vous n'êtes pas crédible. Combien de fois, je me suis retrouvé à m'énerver quand on me disait que cet album était moyen. Peu importe le thème ou le style, chaque album à le droit d'exister. Car quand un auteur est déçu de ses chiffres de vente et lors d'un festival, il rencontre un lecteur qui le remercie pour son travail, je dis Bingo. Combien de gens peuvent prétendre avoir fait rêver un inconnu par son travail artistique.
Du coup j'apprends à devenir éditeur, je reste fidèle aux amitiés que j'ai avec certains artistes, ceux avec qui on peut tout se dire même si cela fait mal. C'est pas grave on s'engueule un bon coup. Je me souviens un jour avoir envoyé péter Pierre-Paul Verlest car il m'avait sacrément énervé. Il m'a tout de suite appelé et on s'est expliqué. Depuis ce jour là j'ai un profond respect pour lui et je sais qu'il n'y aura plus de clash entre nous. Bref je m'embrouille, je pars dans tous les sens. Pour conclure, je ne suis pas un éditeur, je suis un amoureux de la culture humaine et de ceux qui osent exposer leurs rêves. J'ai décidé de mettre mon nom sur la couverture afin de montrer que j'étais fier des artistes qui m'ont accordé leur confiance, et peu importe si nos destins se séparent, je continuerai à me battre pour défendre un catalogue de moins en moins épais mais qui me correspond de plus en plus...
Mais du coup, c'est quoi un éditeur?

4 comments:

WALTHER said...

When a editor its a dreamer,may be,its a dangerous bussines.
when a editor /dreamer its meeting with a artist with a lot of dreams inside,its too much dangerous too.
Why? becouse make books its a bussines for money.

I dont know like all people about the future ,but i can remember in clear way the past,when you,editor ,open the door of your maison for my work ,when a lot of editors only give me silence, and i can remember how you spend time to teachme how its the way to be a good artist in the terrible french marcket.

Thanks,editor.

Walther Taborda.

Pierre-Paul said...

C'était Claude de Saint Vincent (Média Participations) qui a donné la réponse: un éditeur est un psy, un banquier et un punching ball. On s'est engueulé seulement une fois, mais je suis un peu spécial: tu n'es pas mon punching ball, certainement pas mon banquier quant à mon psy, là cela se discute... Le respect est mutuel, on sait qu'on fait du business, des désaccords il y en aura toujours, tout se négocie et le dialogue est primordial et si l'ami Walter t'appelle dans nos mails "my bloody editor" (une fois avec un f... devant ;-)) je suis persuadé qu'il pense comme moi.
(ah ! et comme "chaque album à le droit d'exister" je suis rassuré pour une éventuelle scène de ménage entre toi et moi ;-)))

et tu étais très mignon enfant ;-) (encore aujourd'hui me dit ma femme)

allez, amuses-toi bien et on aura encore l'occasion de discuter après Angoulème !!!!

wallace said...

mélanger business et affectif reste un exercice difficile et tellement casse gueule, il faut trouver le juste milieu.... mais que la passion vive et mort aux cons !

arnaud said...

+1 wallace